8 Septembre 1914  Extrait : Le combat recommence dès 4 heures 30, la 4ème Cie rejoint le 1er bataillon qui occupe la lisière nord des bâtiments de la tuilerie et de la carrière qui s’étend jusqu’au MONTOY. Pendant toute la matinée, violent bombardement qui cause des pertes sensibles.

Vers 11 heures, des obus arrivent de la droite prenant la position d’enfilade. Le commandant BAUMEL donne l’ordre d’évacuer la tuilerie et de se rassembler au sud de MAURUPT à la lisière du bois. Le mouvement s’opère sous un bombardement intense et le bataillon est à peine rassemblé que l’ordre d’occuper MAURUPT est à nouveau donné. Les 3 premières Cies sont envoyées à l’est du village, la 4ème Cie se dirige sur MONTOY d’où elle chasse quelques patrouilles ennemies. Vers 16 heures, une reconnaissance d’1/2 section de cette Cie (sergent major LACOIN) est envoyée sur MAURUPT et ne revient pas. Le soir la Cie dans l’impossibilité de rester à MONTOY violemment bombardé, se reporte à la lisière du bois et rejoint le bataillon au sud est de MAURUPT vers 22heures. Le commandant MUZART du bataillon fut tué pendant l’attaque du MONTOY.

Le 2ème bataillon occupait ses positions de la veille quand au matin, l’ennemi déboucha en force d’ETREPY et obligea la 8ème Cie qui aurait repris PARGNY, à se replier sur son ancienne position. Bientôt le 18ème BCP rétrograda si nettement et sans que le régiment en soit prévenu, que la droite du 2ème bataillon fut entièrement débordée ; dans la tranchée de droite de la 7ème Cie, les hommes tiraient fort en arrière tuant ainsi beaucoup de monde chez l’ennemi qui s’avançait à découvert en lignes suivis de fractions par quatre ( ?).

Le commandant du bataillon donna l’ordre de repli ; le mouvement se fit sous un bombardement violent et le bataillon se reforma à la lisière nord du bois de MAURUPT .

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Bientôt l’ordre de reprendre MAURUPT arriva et les 5 et 7ème Cie en furent chargées de concert avec les Cies du 1er bataillon. MAURUPT fut repris et dépassé avant que l’ennemi put s’y installer. Les deux autres Cies du bataillon rejoignirent par sections mais on ne put enlever la tuilerie que d’ailleurs l’ennemi évacue dans la nuit. Les pertes du bataillon sont très sensibles.

Au 3ème bataillon, dès le lendemain matin, la 9ème Cie est envoyée en renfort du 1er bataillon ou vers les 5 heures elle se rend au MONTOY ainsi que la 10 et 12ème Cie ; la 11ème Cie est placée en soutien d’artillerie tandis que la 9ème Cie est alors placée en réserve.

Toute la journée, violent canonnade venant du nord ouest puis ensuite du nord est occasionnant de lourdes pertes.

Le soir, le bataillon est relevé par des éléments du 51ème RI et va cantonner à ST LUMIER ou il reçoit un renfort de 500 hommes du 45ème RI .

Les combats de la Marne par le guide Michelin (édition 1918)


Au cours des combats du 8 septembre 1914, François Louchart est blessé d'une balle à la main gauche, évacué de la Marne, il rejoint un hôpital à Bordeaux et y reste du 8 au 12 septembre 1914. Le 17 septembre, rétablit de sa blessure il rejoint le dépôt du corps à Morlaix en Bretagne de nouveau à disposition de son régiment.


Le 12 septembre 1914, le 72ème RI passe sous le commandement du colonel Monterou et s'élance vers les armées allemandes à la retraite, le 14 septembre le régiment dépasse Sainte Ménehould; appuie l'attaque du 128ème RI sur Saint Thomas, le 1er bataillon entre dans Servon qu'il n'évacue sur ordre et étant aux trois quarts cerné. Le 15 septembre, le 2ème bataillon s'élance brillament à l'attaque de Binarville mais se heurte à des tranchées et ne peut progresser. La guerre de mouvement s'arrête, la guerre de taupe, sournoise comme l'ennemi l'a imposée, va commencer.

Maurupt et ses environs après les combats.

Extrait du livre "les Champs de bataille de la Marne en couleur"

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Les hauteurs de Montois, lieu des combats du 72ème RI


Témoignage:

Lettre écrite sur son lit d'hopital par le soldat Géorges Farret (72ème RI) quelques jours avant sa mort

"Limoges, mardi 15 septembre 1914, chers parents, c'est ici que j'ai échoué après avoir passé 48 heures dans le train des blessés. Bien content d'arriver la nuit dernière. je suis dans un hopital aménagé selon les circonstances dans une ancienne caserne. je n'y serai point mal. Mes voisins de lit sont parisiens et l'on cause et l'on rit. Admirablement bien soigné par les docteurset dames de la croix rouge. C'est heureux qui je suis ici assez longtemps. J'ai la jambe droite assez abimée par un éclat d'obus et une légère blessure au bras droit. Ne vous inquiétez pas, que ce soit long ou court, que ce soit douloureux ou pas, il y en a tellement qui y laisserai leur peau ! et puis si je souffre, je suis content que ce soit pour quelque chose qui mérite qu'on sacrifice tout !

Tous mes amis camarades de la compagnie étaient jeudi matin morts ou blessés, je ne sais. Le 72ème RI est très décimé, à la 11ème Compagnie il ne reste que 70 hommes sur 250.

Soyez heureux au moins de la certitude que vous avez maintenant. Je vous embrasse de tout coeur, papa, maman, Jacques."

Soldat Géorges Farret 72ème RI (1893-1914).

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Cartes postales de Maurupt et ses environs

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