Pierre Quentin Bauchart, grand écrivain Français, est Lieutenant à la 19ème Cie du 272ème RI. Fin septembre il se trouve avec son régiment en bordure de forêt d'Argonne. Dans son carnet de notes, Pierre Quentin Bauchart décrit une vision de l'Argonne la veille des combats meurtriers.

25 septembre 1914 Le Moulinet : " je suis assis au bord d'un chemin, sous un pommier. Il fait un temps délicieux, vent frais et soleil chaud; devant moi un valon où coule un ruisseau et que borne, de l'autre côté, à 5 ou 600 mètres, une crête assez haute et dénudée. Derrière cette crête notre artillerie, tranquillement installée tire quelques coups;  de temps en temps on entend le mugissement puis la violence des explosions d'un obus allemand, dont l'épaisse colone de fumée noire monte au dessus de la crête. Mes hommes font le lézard au soleil, dans des tranchées qu'ils ont obtenues en aménageant les talus du chemin, et qui nous rendraient invulnérables au cas improbable où le tir ennemie s'allongerait. Ces gros obus, qui, même à grande distance, font un bruit effroyable, sont surtout impressionnants et peu dangereux."

Plus tard dans le secteur de La Neuville au Pont : "Le canon tonne sans interruption devant nous, souvent accompagné de fusillade; mais de part et d'autre on ne bouge pas. les forces en présence sont retranchées dans de vrais fortifications, chaque jour accrues; on se dispute couteusement 500 mètres de terrain ou un hameau en ruine sans effort poussé et c'est tout."

Lt Pierre Quentin Bauchart 19ème Cie 272ème RI

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