Le 72ème RI sur la crête des Eparges

Après avoir quitté la région de Mesnil les Hurlus, le 72ème RI est transporté dans la région de Verdun et attaque le village de Riaville au milieu des boues de la Woevre, puis occupe la crête des Eparges en avril. L'ennemi qui vient de perdre cette position et qu'il a longtemps défendu avec acharnement, cherche à le rendre intenable et lance contre elle plusieurs fortes attaques.                                                                                                                                                 Lorsque le 72ème RI descend au repos, après avoir subit de lourdes pertes, il laisse un secteur intact et complètement réorganisé, et l'ennemi, lassé, a renoncé à toute offensive sur ce point.

Témoignage du soldat Léménorel (72ème RI) sur l'attaque aux Eparges :      

"Je monte en ligne avec la 7' compagnie, au soir du 21 avril 1915. Dans l'après-midi, l'adjudant Bravée, qui commandait notre section, nous avait réunis dans la cour du château de Sommedieu et nous avait fait cette déclaration : « Nous montons ce soir aux Eparges ; tant qu'il y aura un homme vivant dans la tranchée, je défends qu'on recule, ou cela, il y aura pour lui des balles dans mon revolver. Le lendemain matin, au lever du jour, je suis assis dans la tranchée. A côté de moi, et également dans un boyau qui part derrière  de tous les côtés, des cadavres de soldats allemands, des cadavres soldats français, partout des cadavres, dans toutes les positions toutes les attitudes. Bientôt les canons tonnent ; je vois voler ici les bras et les jambes des malheureux. Et l'on s'est étonné, après guerre, qu'il y ait eu tant de disparus !".

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Carte des premières lignes du 72ème RI aux Eparges

Témoignage du caporal Broizat (272ème RI)

" Une odeur infecte nous prend à la gorge dans notre nouvelle tranchée à droite des Eparges. Il pleut à torrents et nous trouvons des toiles tentes fichées dans les parois de la tranchée. Le lendemain à 6h on constate avec stupeur que nos tranchées sont faites dans un charnier, les toiles de tentes mises par nos prédécesseurs l'ont été pour cacher la vue des corps et débris humains qui sont là. Au bout de quelques jours de ce séjour, et le soleil aidant, les mouches nous envahissent, l'appétit a disparu, et lorsque l'ordinaire peut nous arriver, il est balancé au-dessus du parapet. Seuls, le pinard et la gniole sont les bienvenus et étanchent la soif qui nous étreint. Les hommes ont le teint cireux, les yeux cernés ".

Aspect des Eparges en 1915

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