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7 novembre 2024

Lieutenant Roger Levy 272e RI

Roger Levy est né le 4 juin 1886 à Dijon (21). Il exerce la profession d'employé de commerce. De la classe 1906, il fait ses classes militaires à compter du 7 octobre 1907 incorporé au 64e RI.

 

Nommé caporal le 26 septembre 1908.

 

Nommé Sous Lieutenant de réserve le 1er avril 1909 au 88e RI.

 

Affecté au 72e RI en 1912.

 

Promu Lieutenant de réserve au 272e RI le 9 juin 1914.

 

Mobilisé en août 1914, il incorpore la 22e compagnie du 6e bataillon au 272e RI.

 

Le Lieutenant Roger Lévy est porté disparu au cours d'une mission dans le secteur ferme de Melzicourt (51) le 18 septembre 1914.

 

 

Les archives du 272e RI nous fournissent quelques informations sur cette mission: "Le 18 septembre 1914, le 6ème bataillon du 272ème RI en position au bois d'Hauzy, reçoit l'ordre de s'assurer si la ferme de Melzicourt (près de Servon) est ou non occupée par l'ennemi. Cette mission confiée à une section de la 22ème Cie est entreprise en plein jour, à 15h, et pour aborder la ferme, il faut parcourir deux cent mètres en terrain découvert. La section, commandée par le Lt Roger Levy part en colonne par un et gagne la ferme sans encombres. Mais le mouvement n'avait pas échappé à l'ennemi; il faut se rappeller que les soldats avaient encore les pantalons rouges et que le couvre képi commançait à s'user !. A peine le détachement est il dans la ferme qu'un déluge d'obus s'abat sur la section. Le Lt Levy a été pris sous les débris d'une maison frappée par un gros obus, il n'a pu être enlevé en raison de l'incendie. Le reste du détachement avait constaté que la ferme n'était pas occupée et la position fut évacuée. "

 

L'Adujant Ulysse Rouard du 272e RI écrit dans son carnet de route à la date du 18 septembre 1914

Vendredi 18 septembre

Quelle nuit ! Il pleut toujours et dans nos tranchées malgré l’abri de paille nous sommes trempés et gelés. Le froid, la pluie nous accablent et puis c’est la veillée, l’œil hagard, l’oreille tendue au moindre coup de feu, nous sommes tous hideux, les yeux agrandis, les traits tirés, nos uniformes souillés, mains et figures aussi. Ah! Si ma chère femme pouvait me voir je lui ferai peur. Quelle existence affreuse ! Quand finira-t-elle ? Dans ces tranchées où nous sommes serrés, accroupis, on ne peut remuer, nous grelottons encore ce matin. Pendant que j’écris, la canonnade a recommencé de plus belle de la part des nôtres. Si la guerre doit durer dans ces conditions, c’est la maladie qui nous vaincra.

Pourquoi faut-il donc que les peuples faits pour s’aimer s’entretuent et se rendent si malheureux.

Les distributions de vivres se font irrégulièrement et rationnées. Certains d’entre nous souffrent de la faim pour moi jusqu’à ce jour, une seule fois, j’ai souffert du manque de pain et d’eau.

10h. Partons vers la ligne de feu, marche vers Melzicourt que l’on doit prendre s’il est occupé par les A. 1 compagnie la 22. Vers 3h au moment où notre 1ère section arrive au village de Melzicourt et notre 2ème (la mienne) un peu en arrière, une rafale formidable d’artillerie. 57 coups 57 obus nous tombent dessus, nous sommes positivement arrosés. Grâce à l’énergie de l’adjudant qui défend de bouger, aplatis sur le sol nous laissons s’écouler la canonnade et au bout de 20’ ne pouvant plus rester, profitant d’un peu de fumée, nous filons en retraite. Ce qui se passe bien, j’en suis au bout de mes forces, c’est affreux, j’ai bien cru n’en plus en revenir. Grâce te sois rendue ma femme, je t’ai invoquée et tu m’as sauvé tu es ma bonne étoile. Au rassemblement la 1ère section manque. Quelques hommes. Reviennent après.

Plusieurs blessés dont Briolet. Bettefort revient sain et sauf. Le lieutenant Lévy est disparu. Les pertes pour notre seule compagnie s’élèvent à une dizaine d’hommes.

Nous couchons dans les tranchées au milieu du bois, il pleut toujours à verse, notre section va aux distributions la nuit sous la pluie battante. La fusillade éclate la nuit, mais pas sur nous."

 

 

Pertes du 18 septembre 1914

Lt Roger Levy, sergent René Brollet, soldats Hector Guffroy, Ernest Mignotte, Henri Herblot et Victor Herbel

 

Le corps du Lieutenant Roger Lévy ne fut jamais retrouvé

 

Chevalier de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre avec palme.

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  • Petit historique du 72ème RI d'Amiens dans lequel mon arrière grand père fut incorporé entre 1914 et 1916, date de sa 3ème grave blessure. itinéraire du régiment, photos, cartes des combats et témoignages.
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