Désiré Brunet est né le 10 avril 1881 à Beaumont en Beine (02). Il exerce la profession de cultivateur. De la classe 1901, il fait ses classes militaires à compter du 15 novembre 1902 incorporé au 155e RI.
Mobilisé en août 1914, il incorpore le 45e RI.
Versé en renfort au 72e RI le 8 septembre 1914 au cours des combats du régiment à Maurupt le Montois (51).
Blessé au cours des combats du 10 novembre 1914 au Bois de la Gruerie en Argonne.Plaie au genou droit.
Evacué, il est soigné à l'hôpital temporaire n°2 à Aurillac (15) du 19 décembre au 6 janvier 1915. Pensionnat St Eugene.
Arrive au dépôt du 2e CA à Morlaix (29) le 8 janvier 1915.
Repart en renfort au 72e RI le 23 janvier 1915.
Désiré Brunet est tué au cours des combats du 17 septembre 1915 au Bois Bolante en Argonne.
Sa sépulture se trouve dans la Nécropole Nationale la Forestière à Lachalade (55) tombe n°1717
Don Grâce Foata est né le 2 octobre 1879 à Azilone Ampaza (Corse). Sans Profession. De la classe 1899, il s'engage comme volontaire pour 4 ans le 8 novembre 1898 à la mairie d'Ajaccio (Corse) et incorpore le 89e RI.
Nommé caporal le 11 octobre 1899, sergent le 26 septembre 1900.
Rengagé à plusieurs reprises jusqu'en 1912 et incorpore le 3e RI.
En août 1914, il incorpore le 31e RI.
Passe à la 17e compagnie du 5e bataillon au 272e RI le 22 avril 1916.
Le sergent Don Grâce Foata est tué au cours des combats du 17 septembre 1916 à Belloy en Santerre (80).
Situation du front à Belloy en Santerre (80) le 20 septembre 1916
Sa sépulture se trouve dans la Nécropole Nationale à Lihons (80) tombe n°2380
Charles Plus est né le 2 septembre 1888 à Hersin Coupigny (62). Il exerce la profession de mineur. De la classe 1908, il fait ses classes militaires à compter du 8 octobre 1909 incorporé au 72e RI.
Mobilisé en août 1914, il incorpore le 72e RI.
Charles Plus est tué au cours d'un bombardement par obus fusant secteur Curlu (80) le 16 septembre 1916.
Sa première sépulture est le cimetière au Nord Est d'Etinehem (80) à l'ouest de Curlu (80).
Gustave Labarbe est né le 20 mai 1883 à Vaux sur Somme (80). Il exerce la profession de conducteur de manège de chevaux de bois (aide). De la classe 1903, il est classé dans les services auxiliaires (raccourcissement du bras gauche).
En octobre 1914, il est classé bon pour le service armé à la date du 28.
Incorporé au 72e RI dans la fonction de brancardier le 15 décembre 1914.
Blessé le 15 septembre 1916 par un obus fusant alors que le 72e RI se trouve en repos dans le secteur de Curlu (80). Blessure au crâne.
Evacué, parcours médical non renseigné.
Classé service auxiliaire par la commission de réforme de Brest (29) siégant à Morlaix (29) le 4 mars 1917.
Passe au 14e régiment du dragon le 22 avril 1917.
Démobilisé le 26 mai 1918 et réformé après trépanation suite à une blessure par éclat d'obus à la tête.
Après avoir quitté le front de l'Argonne fin juillet 1916, le 72e RI reste six semaines à l'entrainement à Mailly le Camp (10). Instruction, réarmement, arrivée de renforts ...
(photos Capitaine PQ Bauchart 72e RI)
Départ du 72e RI de Mailly le Camp vers la Somme
(photos Slt Petit 72e RI)
Le 15 septembre 1915, suivant les instructions de la 250e Brigade, le 72e RI est envoyé dans la région de Curlu (80). Il s'y installe pour quelques jours avant de monter vers la ligne de front secteur Bouchavesnes (80).
Aspect des destructions de Curlu (80) en septembre 1916
1 bataillon aux carrières d'Eulembourg à Curlu (80), 3e bataillon et 2e bataillon aux tranchées à l'Est et à l'Ouest du boyau des Cantharides et du boyau Gingembre (voir carte). Le PC du Colonel Bonnet chef de Corps du 72e RI se trouve à l'intersection du boyau des Cantharides et du boyau Gingembre.
Photo panorama, Curlu(80) et la carrière d'Eulembourg à gauche sur la photo (partie boisée)
Bivouac du 1er bataillon du 72e RI dans la criière d'Eulembourg à Curlu (80)
Bivouac du 72e RI près de Curlu (80) Photo Capitaine PQ Bauchart 72e RI
Le train de combat bivouaque au moulin de Fargny (80).
Adrien Chauffert est né le 25 juillet 1881 à Aumale (76). Il a un frère ainé de 18 mois, Emmanuel, qui lui sera d'une précieuse aide au cours de ses études.
Il entre à la prestigieuse école La Providence à Amiens (80) en 1891 et poursuit sa scolarité au collège libre Saint Joseph à Lille (59) et laisse le souvenir d'un élève pieu et docile.
De la classe 1901, il fait ses classes militaires à compter du 15 novembre 1902 incorporé au 129e RI.
Nommé caporal le 25 mars 1903, sergent le 21 décembre 1903. Sergent Fourrier le 27 avril 1904. Sergent dans la 6e compagnie du 129e RI le 1er octobre 1904.
Ecole militaire de Saint Maixent le 2 avril 1906, il sort 96e sur 191.
Nommé Sous Lieutenant le 1er avril 1907 incorporé au 73e RI, Lieutenant le 1er avril 1909.
Sous Lieutenant Adrien Chauffert 73e RI derrière l'officier à cheval, camp de Sissonne 1908
Ecole d'application pour le tir d'infanterie du camp de Ruchard en 1912.
De octobre 1912 à septembre 1913, il est nommé instructeur militaire à l'école de Joinville le Pont (94). Ecole normale d'instruction de gymnastique et d'escrime.
Affecté comme Lieutenant au 72e RI le 24 janvier 1913.
A la mobilisation en août 1914, le Lt Adrien Chauffert est en détachement à la caserne Foy de Péronne (80) et commande une section de mitrailleuses.
Composition du 1er bataillon du 72e RI en août 1914
Commandant Henry Muzart (classe 1885 Seine 3e bureau)
Section mitrailleuses Lt Adrien Chauffert. 1ere Cie Capitaine Albert Gabrielli (classe 1897 Sens). 2e Cie Capitaine Pierre Dubrulle. 3e Cie Lt René Levasseur (classe 1901 Seine Inférieure). 4e Cie Capitaine Cyrille Martel (classe 1896 Dunkerque).
Après les combats dans la Meuse, secteur de Virton et Cesse, le 72e RI engagent ses bataillons dans la Marne secteur Maurupt, Pargny sur Saulx. Avec sa section de mitrailleuses, le Lt Chauffert est en position les 6 et 7 septembre 1914 au hameau des tuileries au nord de Maurupt et au hameau du Montoy à l'ouest de Maurupt.
Le 8 septembre 1914, l'offensive ennemie est au plus fort de son intensité. Les villages de Le Buisson, Etrepy, Bignicourt et Pargny sur Saulx sont occupés. Maurupt résiste et on se bat dans les lisières sud du village.
Situation de la ligne de front le 8 septembre 1914 fin de journée
Les combats se poursuivent jusqu'au 10 septembre soir, les allemands reculent laissant un champ de ruine sur l'ensemble du territoire.
Le 72e RI compte un bilan très lourd en perte de soldats et d'officiers: 9 officiers tués, 15 officiers blessés, 1800 soldats tués, blessés et disparus soit plus de la moitié de son effectif.
Poursuivant les forces ennemies, le 72e RI se retrouve le 14 septembre 1914 dans le secteur de Sainte Ménéhould (51) en Argonne. Le régiment soutient l'attaque du 128e RI sur Saint Thomas et gagne le secteur sud de Servon (51).
Le Lieutenant Adrien Chauffert est nommé Capitaine à titre temporaire le 14 septembre 1914, le 15 septembre il prend positions dans Servon avec les élements de la 3e Cie du 72e RI.
Situation militaire le 15 septembre 1914 secteur Servon (51)
La 1ere compagnie du 72e RI commandée par la Capitaine Adrien Chauffert occupe une position sur la côte 146 au Nord de Servon (voir carte ci dessous). Des éléments de la 3e compagnie sont en position sur sa gauche à la briqueterie.
Tôt dans la matinée du 15 septembre, des éléments de la 4e compagnie sont envoyées légèrement à l'Est de Servon afin de protéger la compagnie du génie qui creuse des tranchées.
Quelques heures plus tard Servon est bombardée, puis vers 12h un feu de mitrailleuses et d'infanterie ennemies arrivent du côté Est du village. Sous la pression le 1er bataillon est au 3/4 cerné, les pertes sont lourdes, le combat se poursuit selon les témoins survivants au corps à corps dans le village.
Le replie se déroule dans les pires conditions et les survivants se positionnent tant bien que mal à 300 mètres en arrière du village maintenant totalement pris par l'ennemi.
C'est au cours de cette attaque que le Capitaine Adrien Chauffert est porté disparu. Les circonstances de sa disparition restent imprécises, son corps ne fut jamais retrouvé et un grand nombre de soldats de la 1ere compagnie du 72e RI furent considérés comme disparus au cours des la journée du 15 septembre 1914.
Début de l'enquête
Dans les semaines qui vont suivre, le frère d'Adrien, Emmanuel Chauffert aumonier militaire à la 82e Division territoriale puis coloniale, va entamer une enquête auprès des autorités militaires du 72e RI. Il réussit à obtenir le témoignage de 2 officiers présents lors des combats du 15 septembre 1914.
Frédéric Laude 72e RI
Dans un courrier daté du 18 novembre 1914, le Capitaine Frédéric Laude (3e Compagnie au 72e RI) écrit en s'adressant à l'épouse du Capitaine Chauffert: " C'est le 15 septembre qu'eut lieu le combat de Servon où le 72e RI fut arrêté par les allemands. Il y eut une sorte de surprise à la suite de laquelle le village fut pris par les allemands. Je n'ai pas pu arriver à faire préciser s'il était exact que votre mari ait été blessé et quel genre de blessure il avait. Je n'ai obtenu que des "on dit" je ne crois pas, par contre, que vous avez à craindre une issue fatale. "
Le Capitaine Laude ne connaitra pas le sort du Capitaine Chauffert, il est tué au cours des combats du 30 décembre 1914 au Bois de la Gruerie en Argonne.
Un élément de réponse viendra par le témoignage du Capitaine René Levasseur, 3e compagnie au 72e RI. Il écrit dans un courrier daté du 15 mai 1919 à la famille d'Adrien Chauffert : " Le Capitaine Chauffert est tombé glorieusement à Servon le 15 septembre 1914 à la lisière Nord du village. Je me trouvais sur la même lisière mais à l'ouest de la route départementale et fut informé vers 12h que votre mari était tombé sous une rafale de mitrailleuse. Quelques instants après, j'étais moi même blessé, j'étais à peine sorti de Servon que les allemands y pénétraient et je fus évacué sous le feu des mitrailleuses ennemies qui balayaient la route de Saint Thomas tuant net un des braves qui me portait. "
Le Capitaine Levasseur joint à un son courrier un croquis indiquant la dernière position du Capitaine Chauffert avant d'être tué.
Le corps du Capitaine Adrien Chauffert ne fut jamais retrouvé, il n'a aucune sépulture connue. Probablement ramassé par les allemands et mis en fosse commune afin d'assainir rapidement le champ de bataille.
Dans un premier temps porté disparu, un jugement définitif du 16 octobre 1919 par le tribunal de Neufchâtel (76) considère le Capitaine Chauffert mort pour la France le 15 septembre 1914 à Servon.
Croix de Guerre à titre posthume et citation à l'ordre de l'Armée, Légion d'Honneur JO du 14 août 1920.
Edmond Pinel est né le 16 février 1890 dans le Calvados. De la classe 1910, il s'engage comme volontaire pour 4ans le 9 octobre 1909 et incorpore le 136e RI.
Nommé caporal le 26 février 1910. Sergent le 3 septembre 1910.
A l'âge de 20 ans il entre à St Cyr est en sort deux ans plus tard dans la promotion Fez.
Nommé Sous Lieutenant le 1er octobre 1912.
Nommé Lieutenant le 1er octobre 1913.
En août 1914, il est affecté au 72e RI d'Amiens avec le grade de Lieutenant de la 9e compagnie du 3e bataillon.
Edmond Pinel participe à la campagne de Belgique puis les combats à Maurupt dans la Marne.
Le 15 septembre 1914, le 72e RI se bat à la lisière de la forêt d'Argonne dans le village de Servon Melzicourt. Le Lt Pinel est grièvement blessé le même jour.
Le Lieutenant Edmond Pinel décède de ses blessures à l'ambulance médicale de Ste Ménéhould le 24 septembre 1914.
Agé de 24 ans, Edmond Pinel laisse une veuve et deux enfants. Il reçut la citation à l'ordre du régiment en date du 30 septembre 1914: " Officier de grande valeur, le 15 septembre 1914 a été blessé devant Servon. Le 6 septembre 1914, au sud de Le Buisson, a très bien commandé sa section qui a perdu le tiers de son effectif. Du 6 au 15 septembre, a très bien conduit sa compagnie au milieu de situations difficiles."
Emilien Jumelle est né le 3 avril 1880 à Neuville Coppegueule (80). Il exerce la profession de chaisier. De la classe 1900, il est classé dans les services auxiliaires pour bégaiement et surdité légère.
Classé bon pour le service armé par la commission de réforme d'Amiens (80) le 28 octobre 1914.
Mobilisé au 224e RI le 20 janvier 1915.
Passe au 72e RI le 25 juillet 1915.
Emilien Jumelle est tué au cours des combats du 14 septembre 1915 au Bois Bolante en Argonne. Balle à la tête.
Georges Ténot est né le 7 février 1892 à Paris 9e Arr. Il exerce la profession d'employé de commerce. De la classe 1912, il fait ses classes militaires à compter du 8 octobre 1913 incorporé au 72e RI.
Mobilisé en août 1914, il incorpore la 7e compagnie du 2e bataillon au 72e RI.
Georges Ténot est mort de ses blessures sur le champ de bataille secteur Maurupt entre le 6 et le 10 septembre 1914.
Sa date de décès est fixée le 14 septembre 1914, date à laquelle le corps a été retrouvé au cours de l'assainissement du champ de bataille par le 85e RIT.
Sa sépulture se trouve dans la Nécropole Nationale de Maurupt (51) tombe n°52. Inscrit par erreur comme soldat au 78e RI avec son 3e prénom "Robert".
Lucien Person est né le 29 novembre 1891 à Paris 10e Arr.. De la classe 1911, il fait ses classes militaires à compter du 10 octobre 1912 incorporé au 72e RI.
Mobilisé en août 1914 au 72e RI, 1ere section de mitrailleuse (bataillon non précisé). Sa famille est sans nouvelles depuis le 2 septembre 1914, date à laquelle le 72e RI se replie vers la Marne.
Lucien Person est tué au cours des combats à Maurupt le Montois (51) entre le 6 et 10 septembre 1914, la date de son décès indique le 14 septembre 1914, cela correspond à la date de la découverte du corps sur le champ de bataille.
Il existe une tombe dans la petite nécropole de Maurupt le Montois (51) portant simplement le nom de "Person 72e RI", le corps de Lucien Person a probablement été retrouvé après les combats ne permettant pas l'indentification précise du corps.
Tombe n°48 nécropole de Maurupt le Montois (51)
Un avis de disparition (n°1397) est paru le 9 janvier 1915 dans une revue nommée "Sur le Vif"
Petit historique du 72ème RI d'Amiens dans lequel mon arrière grand père fut incorporé entre 1914 et 1916, date de sa 3ème grave blessure. itinéraire du régiment, photos, cartes des combats et témoignages.