Roscoff est une commune d'environ 3800 habitants située dans le département du Finistère, dès le début des hostilités en Août 1914, la ville de Roscoff reçoit des ordres de réquisition des batiments principaux afin d'héberger des militaires. Les grands hotels de Roscoff font l'objet de cette réquisition, offrant ainsi un couchage de choix pour un soldat en convalescence et loin de la misère du front.

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Le Grand Hotel Roscovite (du nom des habitants de Roscoff) accueillera dès 1915 de nombreux soldats provennant du : 72e RI, 272e RI et 12e RIT. Une moyenne de 135 soldats par jour ont séjourné à Roscoff dans les batiments réquisitionnés. Après un séjour en hopital ou en transition à la caserne Guichen de Morlaix (lieu du dépot du Corps) les soldats étaient répartis sur d'autres ville comme Douarnenez (qui fera également l'objet de réquisitions) et Roscoff. Ils y trouvèrent le repos, le calme avant de repartir au front quelques semaines plus tard. Un contraste entre la misère du front et le charme de ces villas paisibles au bord de la mer qui se reflète souvent dans les courriers des soldats.

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(recherche des documents Sophie C.) un grand merci pour sa collaboration.

Non loin de Roscoff se trouve l'île de Sieck. En juillet 1914, la guerre n'est pas encore déclarée mais déjà les autorités recherchent dans les îles bretonnes des casernements susceptibles de recevoir des détenus ennemis. L’île de Batz et l’île Callot sont écartées en raison des problèmes posés par le ravitaillement en eau, mais l’île de Sieck, d'accès facile à marée basse, est considérée comme lieu d'internement possible car disposant de bâtiments vastes et inoccupés.

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Le 20 septembre, 351 Allemands, Autrichiens et hongrois mobilisables par l'ennemi passent au Dossen. Certains sont si faibles que leurs camarades doivent les porter sur des brancards. La population les considère comme des espions en raison de leurs vêtements civils et ne leur témoigne aucune marque de compassion car la mobilisation a vidé les foyers. A leur arrivée sur l'île, les détenus sont fouilles et leur avoir, déposé sur des comptes tenus par l’administration du camp, reste à leur disposition. Ils sont aussitôt installés dans l'usine qui abrite déjà des familles de pêcheurs. Dans un souci d'hygiène, les détenus sont conduits au port 50 par 50, sous garde renforcée, pour s'y baigner.

Extrait du livre L'Île de Sieck en 1914 Jean Claude Le Goff

L’administration du camp s'est installée face au port au rez-de-chaussée du bâtiment sud. La troupe prend ses quartiers dans plusieurs maisons réquisitionnées à cet effet. Les sous-officiers logent dans une maison plus cossue appelée le pavillon. 70 militaires d'infanterie territoriale, sous les ordres d'un adjudant assisté d'un sous-officier interprète, assurent la garde des détenus et un médecin militaire veille au bon état sanitaire des prisonniers. 16 hommes logent en permanence au poste de police installé dans la bâtisse ayant servi de réserve de charbon (an ty glaou), effectuent des rondes nocturnes fréquentes et assurent la surveillance du cantonnement. En septembre 1915, un détachement du 72ème régiment d'infanterie relève les soldats de l'infanterie territoriale jusqu'à l'évacuation du dépôt. Durant la seconde guerre mondiale les autorités allemandes occupent l'île et font raser l'ensemble des batiments.

Roscoff

Des soldats du 72e RI  à >>> Roscoff