13 octobre 2008
L'offensive du 13 octobre 1916. 13 oct 2008 - 13 oct 1916
13 octobre 1916: C'est le 13 octobre 1916 que mon arrière grand père le soldat François Louchart 11ème Cie 3ème Bataillon 72e RI sera grièvement blessé au cours de l'offensive de la journée; nous reviendrons plus tard sur les circonstances de cette blessure.
Extrait de l'ordre d'opérations n°124 /OP de la 125ème DI du 13 octobre 1916: Les allemands après une violente attaque ont réussi à reprendre la lisière du bois Saint Pierre Vaast. Une nouvelle préparation par l'artillerie lourde étant nécessaire, l'attaque sur la lisière du bois prévue pour aujourd'hui n'aura pas lieu. Seule l'attaque prévue pour le 72ème RI sera exécutée dans les conditions indiquées par les ordres précédents du 12 octobre.
Exécution de l'attaque du 13 octobre 1916
Bataillon de gauche, 3ème Bataillon du capitaine Martel (celui du soldat François Louchart), la 9ème Cie a avancé 100 mètres à gauche et 175 mètres à droite (probablement la crête militaire) liaison établie avec le 76ème RI. La 11ème Cie (Cie de François Louchart) a un peloton avancé (Lt Ceccaldi) l'autre peloton est dans la tranchée de départ mitrailleuses au complet. La 10ème et 6ème Cie (envoyées en renfort) ont bouché les pertes des 9ème et 10ème Cies.
Bataillon de droite, 1er Bataillon capitaine Hackey, la 1ère Cie s'est avancée jusqu'au col vers la parallèle 30, elle a été prise de flanc à droite et à gauche et à du refluer jusqu'à la tranchée de départ (1ère ligne et éléments avancés). La liaison n'est pas encore établit avec le 67ème RI. Les hommes sont allés à l'attaque très cranement et avec courage. Si le premier bataillon n'a pu conserver le terrain conquis, c'est que les mitrailleuses ennemies les prenaient d'enfilade de tous côtés.
Une mission sera ordonnée en fin de journée afin d'entrer en contact avec des éléments du 67ème RI qui tient la tranchée Fulda Nord. Agir par infiltration et prudence à la grenade, organiser le terrain et échelonner les éléments en profondeur.
Objectif et axe de progression de l'offensive du 13 octobre 1916
Vue depuis la côte point 132 secteur allemand
Pertes du 13 octobre 1916: 2 officiers tués le capitaine Crémona et le Lt Benvegnen. 3 officiers blessés S/Lt Le Roux Kieffer et Gouverne. 3 officiers disparus Lt Duhen S/Lt Doncarli et Mascré. 1 S/off tué 4 S/Off blessés 3 S/Off disparus. 12 soldats tués. 68 soldats blessés (dont François Louchart). 64 soldats disparus.
Lt Albert Eugène Benvegnen tué à Bouchavesnes le 13 octobre 1916
C'est au cours de l'offensive du 13 octobre 1916, soit 92 ans aujourd'hui ! que mon arrière grand-père François Louchart 11ème Cie 3ème Bataillon 72ème RI fut sérieusement blessé au bras gauche. Comment tout cela s'est il passé ? je me suis posé cette question plusieurs fois mais en absence d'informations précises, je ne peux me fier qu'aux souvenirs de sa fille, ma grand-mère paternelle récemment décédée en octobre 2005. Comme beaucoup de ses camarades, mon AGP ne parlait de la guerre, de SA guerre; à de rares occasions en commité d'anciens combattants ou après qques verres à l'apéritif du dimanche, il laissa échapper quelques souvenirs plus anecdotiques qu'un réel récit de combat. C'est ainsi ! les anciens poilus voulaient oublier leur jeunesse détruite par 4 années de folie meurtrière. Toutefois il raconta à plusieurs reprises les circonstances de sa 3ème blessure: "C'est en tentant de ramener mon capitaine de Bataillon sur le dos ! que je fut sérieusement blessé au bras gauche" !.
Pour cet acte de courage il reçut une citation: " Excellent soldat, très brave au feu. Blessé très grièvement le 13 octobre 1916 en allant chercher en avant du parapet le corps de son capitaine mortellement atteint; amputé du bras gauche." Attribution de la Croix de Guerre 1914 1918 avec palme. Soldat François Louchart Matricule 04049 11ème Cie 72ème RI.
"Aller chercher en avant du parapet le corps de son capitaine mortellement atteint" ! mince quel courage !. Pourquoi a t il fait cela ? y est il allé sur ordre ou de sa propre initiative ? pourquoi SON capitaine de Bataillon ? comment a t il été blessé ? par balle ? par éclat d'obus ? (...) autant de questions sans réponses.
Son capitaine se nommait Eugène Lucien Crémona né le 23 janvier 1881 à Erbajolo en Corse. Matricule 2346 au recrutement à Ajaccio. Il est enterré au cimetière de Maurepas, tombe n° 1614.
Je n'ai aucun autre témoignage que le souvenir fugace de ma grand mère. Autre précision non négligable, suite à sa blessure François Louchart fut transporté à l'arrière à l'ambulance N° 231 puis le 14 et 15 octobre 1916 vers l'hôpital H.O.E. Selon ma grand mère, on aurait amputé l'avant bras de François Louchart le jour même dans cette ambulance et dans des conditions effroyables ! Je ne retrouve par la suite la trace de François Louchart que le 19 octobre 1916 à l'hôpital de Chartres où il resta en convalescence jusqu'au 24 novembre 1916. Il rejoindra un autre Hôpital à Neuilly sur Marne du 30 janvier au 16 avril 1917.
En ce qui concerne son capitaine Eugène Crémona, selon les archives il serait mort à Maurepas suite à ses graves blessures. Natif d'un petit village en Corse: ERBAJOLO, je tente d'obtenir quelques informations sur sa famille. Qui était il ? sa famille est elle au courant des circonstances de sa mort ?. Je tente toujours de trouver ces informations (...).
Le capitaine Eugène Crémona a son nom inscrit sur le monument aux morts du village d'Erbajolo en Corse
08 octobre 2008
Les combats à Bouchavesnes (part 2)
7 octobre 1916 : Nouvel ordre de mission ordonné par la 125ème DI; le jour J de l'offensive est fixé au 7 octobre à 13h45. Ordre de mission: 1. attaquer et occuper solidement la lisière sud ouest du bois Saint Pierre Vaast 2. progresser vers l'est jusqu'à la ligne 2562 point 132 de manière à prendre possession de la crête militaire donnant des vues sur la tranchée d'Haliez, le bois St Germain et la tranchée du bois St Germain. A la droite du 72ème RI, la 12ème DI doit enlever l'Epine de Mallassise ; à sa gauche la 40ème DI attaquera dans la direction de Sailly Saillisel.
Axe d'attaque et objectifs du 7 octobre 1916
Le général commandant la 250ème brigade aura le commandement de cette attaque. Il disposera du 2ème Bataillon du 72ème RI, du 1er Bataillon du 331ème RI et d'une Cie de mitrailleuses du 29ème.
L'attaque partant du front point 2555 - 2451 sera exécutée de manière à atteindre sans la dépasser la crête militaire entre les chemins 2555 - Moislains et Bouchavesnes Moislains. L'attaque s'éffectuera en manoeuvrant par la hauteur des défenses de l'ennemi du vallon à l'est de la tranchée de Sanok.
1er objectif : Front 2755 -2749 2ème objectif : Front 3154 3349 3347.
Le bataillon du 331ème RI établi dans la région de la tranchée de Sanok observera dans un premier temps une attitude défensive jusqu'à l'enlèvement du 1er objectif, il progressera ensuite en liaison avec les attaques du 72ème RI et du 6ème C.A (12ème DI). La jonction entre les deux attaques sera assurée par un bataillon du 72ème RI placé sous l'autorité du général commandant la 250ème Brigade.
Bataillons de 1ère ligne : 5ème Bataillon du 331ème RI à droite. 2ème Bataillon du 72ème RI à gauche.
Bataillon de 2ème ligne : 1er Bataillon du 72ème RI.
Le colonel Bonnet commandant le 72ème RI part du PC de Bouchavesnes à 8h du matin et arrive à 8h45 au nouveau PC au point 1852. Le colonel choisit à proximité de son PC (20m environ) un emplacement qui lui servira d'observatoire pour suivre l'attaque.
06 octobre 2008
Les combats à Bouchavesnes octobre 1916
6 octobre 1916: aujourd'hui visite du secteur occupé par le 1er Bataillon par des officiers du 331ème RI. Journée assez agitée dans l'ensemble du secteur, la 1ère Cie (Lt Duhen) a porté un de ses éléments à 150m environ au nord de sa tranchée primitive de la 1ère ligne: tranchée de SANOK.
Pertes: 2 officiers tués capitaine Didion commandant la 6ème Cie et S/Lt Petit 6ème Cie. 23 tués par obus, 28 blessés par obus, 2 disparus présumés ensevelis.
Conformément aux nouveaux ordres reçus du commandant de la 125ème Division d'Infanterie, les bataillons du 72ème RI occuperont les emplacements suivants dans la nuit du 6 au 7 octobre 1916.
1er Bataillon: tranchées et abris de la région zone 1755 - 2051
2ème Bataillon: zone 2451 - 2655 encadré sur sa gauche par le 3ème Bataillon du 72ème RI (celui du soldat François Louchart) et sur sa droite par le 5ème Bataillon du 331ème RI.
3ème Bataillon: zone 2655 - 2558 encadré sur sa gauche par le 1er Bataillon du 91ème RI et sur sa droite par le 2ème Bataillon du 72ème RI.
Le 3ème Bataillon du 72ème RI relèvera le Bataillon Laurent du 91ème RI. Le 2ème Bataillon 5ème et 6ème Cies conservent leurs emplacements; la 7ème Cie sera relevée par le 5ème Bataillon du 331ème RI et viendra se placer en réserve de bataillon dans la zone 2252 -2256. Le 1er Bataillon sera dans un premier temps relevé par le 5ème Bataillon du 331ème RI puis se rendra dans la zone qui lui est assignée 2051 - 1755. Chaque bataillon devra être suivi par son canon de 37mm.
Vu depuis le PC 72ème RI de la ligne de front avec les objectifs
Carte des tranchées secteur de Bouchavesnes (origine Française) octobre1916
Vue depuis la première ligne de front occupée par le 3ème Bataillon 72ème RI (point 2555)
25 septembre 2008
Prélude à la bataille de la Somme (part 4)
25 septembre 1916: En execution à l'ordre général d'opération du 5ème C.A en date du 24 septembre 1916, le 72ème RI occupera les abris et tranchées aux environs du moulin de Fargny, au besoin les abris du chapeau de gendarme s'ils sont libres, ainsi que le bois Y et la carrière de Lutzovv. Les trains de combat du 72ème RI s'installeront dans la région du moulin de Fargny. Le 72ème forme une réserve à la disposition du général commandant le Corps d'Armée. Le colonel ordonne que le départ du régiment aura lieu le 25 septembre à 14h. point initial sortie nord d'Etinchem sur la route de bray sur Somme.
Ordre de marche: 1er 2° 3° bataillons et CHR. Le Lt colonel commandant le 72ème RI marche en tête de son régiment. Vers 18h, le régiment prend place sur ces nouveaux cantonnements et organise aussitôt le bivouac; le 3ème bataillon (celui du soldat François Louchart) s'installe dans le bois de Fargny.
Positions occupées par le 72ème RI fin septembre 1916
21 septembre 2008
Prélude à la bataille de la Somme (part 2)
20 septembre 1916: Par ordre n°5623 de la 125ème division, l'ensemble des officiers st sous officiers sont informés de la localisation de leurs prochaines offensives sur le front de la Somme; entre Rancourt et Bouchavesnes direction Bois St Pierre Vaast. Le capitaine Wattebled prend en l'absence du colonel Bonnet le commandement du régiment. Vers 9h le régiment reçoit l'ordre de se transporter immédiatement à la sortie ouest de Bray sur Somme où il se rend 1h plus tard (bivouac). A 16h la Division d'Infanterie donne l'ordre de cantonner à Bray sur Somme, mais à 18h, la Division d'Infanterie donne à nouveau l'ordre de repartir sur Etinchem où le régiment doit de nouveau cantonner. 20h le régiment prend ses cantonnements, dans un même temps les offensives allemandes se déclanchent dans le secteur de Bouchavesnes.
Remarquable et très rare document photographique provenant des archives de Mr Alain Geisz dont le grand père, le commandant Nicolas Constant GEISZ du 2ème bataillon 72ème RI, fut grièvement blessé le 7 octobre 1916 à Bouchavesnes. Courant septembre 1916, si le colonel Bonnet était indisponible, le commandant Geisz prendra provisoirement le commandement du 72ème RI.
(Publication avec l'aimable autorisation de Mr Alain Geisz)
15 septembre 2008
Septembre 1916. le 72e RI dans la Somme.
Le 15 septembre 1916, l'ensemble des régiments de la 250e Brigade cantonne dans le secteur de Curlu, Hem. Le PC de la brigade s'installe dans les carrières d'Eulembourg. L'ensemble des bataillons resteront en cantonnement dans ce secteur fortement soumis aux bombardements.

24 avril 2006
Somme 1916 - 2006 anniversaire
Vous trouverez à cette adresse: Somme 1916-2006 le programme complet des manifestations concernant le 90ème anniversaire de la bataille de la Somme le 1er juillet 1916.
18 octobre 2005
3ème blessure de François Louchart
C'est au cours de l'offensive du 13 octobre 1916 que mon arrière grand-père François Louchart 11ème Cie 3ème Bataillon 72ème RI fut sérieusement blessé au bras gauche. Comment tout cela s'est il passé ? je me suis posé cette question plusieurs fois mais en absence d'informations précises, je ne peux me fier qu'aux souvenirs de sa fille, ma grand-mère paternelle récemment décédée en octobre 2005. Comme beaucoup de ses camarades, mon AGP ne parlait de la guerre, de SA guerre; à de rares occasions en commité d'anciens combattants ou après qques verres à l'apéritif du dimanche, il laissa échapper quelques souvenirs plus anecdotiques qu'un réel récit de combat. C'est ainsi ! les anciens poilus voulaient oublier leur jeunesse détruite par 4 années de folie meurtrière. Toutefois il raconta à plusieurs reprises les circonstances de sa 3ème blessure: "C'est en tentant de ramener mon capitaine de Bataillon sur le dos ! que je fut sérieusement blessé au bras gauche" !.
Pour cet acte de courage il reçut une citation: " Excellent soldat, très brave au feu. Blessé très grièvement le 13 octobre 1916 en allant chercher en avant du parapet le corps de son capitaine mortellement atteint; amputé du bras gauche." Attribution de la Croix de Guerre 1914 1918 avec palme. Soldat François Louchart Matricule 04049 11ème Cie 72ème RI.
"Aller chercher en avant du parapet le corps de son capitaine mortellement atteint" ! mince quel courage !. Pourquoi a t il fait cela ? y est il allé sur ordre ou de sa propre initiative ? pourquoi SON capitaine de Bataillon ? comment a t il été blessé ? par balle ? par éclat d'obus ? (...) autant de questions sans réponses.
Son capitaine se nommait Eugène Lucien Crémona né le 23 janvier 1881 à Erbajolo en Corse. Matricule 2346 au recrutement à Ajaccio. Il est enterré au cimetière de Maurepas, tombe n° 1614.
Je n'ai aucun autre témoignage que le souvenir fugace de ma grand mère. Autre précision non négligable, suite à sa blessure François Louchart fut transporté à l'arrière à l'ambulance N° 231 puis le 14 et 15 octobre 1916 vers l'hôpital H.O.E. Selon ma grand mère, on aurait amputé l'avant bras de François Louchart le jour même dans cette ambulance et dans des conditions effroyables ! Je ne retrouve par la suite la trace de François Louchart que le 19 octobre 1916 à l'hôpital de Chartres où il resta en convalescence jusqu'au 24 novembre 1916. Il rejoindra un autre Hôpital à Neuilly sur Marne du 30 janvier au 16 avril 1917.
En ce qui concerne son capitaine Eugène Crémona, selon les archives il serait mort à Maurepas suite à ses graves blessures. Natif d'un petit village en Corse: ERBAJOLO, je tente d'obtenir quelques informations sur sa famille. Qui était il ? sa famille est elle au courant des circonstances de sa mort ?. Je tente toujours de trouver ces informations (...).
Le capitaine Eugène Crémona a son nom inscrit sur le monument aux morts du village d'Erbajolo en Corse
17 octobre 2005
Bilan des offensives du 13 octobre 1916
Rappel des pertes de l'offensive du 13 octobre 1916 secteur Bouchavesnes: 7 officiers, 152 sous officiers et hommes de troupe. La relève du régiment s'opèra sans trop de difficultés pendant la nuit du 14 au 15 octobre 1915.
1. Observations générales: Le mouvement du régiment a été gêné par la nature du terrain. Depuis l'Epine de Malassise, l'ennemi a des vues directes sur le vallon de Bouchavesnes et par ses mitrailleuses prend de flanc le secteur occupé par le 72ème RI.
Depuis ce point élevé, les mitrailleuses allemandes pouvaient aisément couvrir le secteur droit parcouru par les troupes des 2 et 3ème Bataillons du 72ème RI; causant ainsi de lourdes pertes.
2. Infanterie Française: Les deux attaques faites par le régiment ont témoigné chez nos hommes des plus belles qualités offensives. Malheureusement dès le 7 octobre, les cadres ont été atteint par une proportion très forte et à partir de ce moment, le manque d'encadrement se fait sentir d'une façon sensible. Il en résulte le 13 octobre 1916 de grosses difficultés de commandement et peut être aussi des pertes plus élevées chez les hommes dont la manoeuvre est moins dirigée.
Pertes définitives du 14 septembre au 14 octobre 1916, régiment en 1ère ligne:
Tués : 8 officiers 14 sous officiers 186 hommes de troupe. Blessés: 14 officiers 40 sous officiers 529 hommes de troupe. Disparus: 5 officiers dont 4 ont été vus blessés 12 sous officiers 174 hommes.
Total des pertes: 27 officiers 66 sous officiers 939 hommes.
05 octobre 2005
Prélude à la bataille de la Somme (part 6)
5 octobre 1916: Le 72ème RI quitte ses emplacements est à pour mission de relever les troupes du 89ème RI dans le secteur de Bouchavesnes. Les bataillons commencèrent leur mouvement dans la nuit du 4 au 5 octobre, une longue marche sous la pluie par des terrains détrempés. le colonel Bonnet quitte son PC du bois Marrière à 5h30 du matin avec l'état major du régiment et se rend à Bouchavesnes où il arrive vers les 6 heures du matin. Aussitot l'état major du 72ème RI s'installe sur les anciens emplacements PC du 89ème RI, la cave d'une maison partiellement détruite.
Pertes: 1 sergent blessé, 1 caporal blessé, 17 soldats blessés et 1 soldat tué: Hazard 1ère Cie
Dans le secteur occupé par le régiment les tirs d'artillerie sont continu. Un déserteur ennemi appartenant au 48ème RI s'est présenté dans notre 2ème ligne au point 24.49 (voir carte) vers minuit 30; il a été immédiatement dirigé sur la brigade.
Carte indiquant l'avancée des troupes Françaises pour la prise de Bouchavesnes le 12 septembre 1916
« Bouchavesnes! La bataille du 12 septembre, une des plus brillantes et des plus fécondes qu'ait livrées l'armée du général Fayolle, est dominée par le nom de ce village picard emporté au soir d'une journée de gloire.» Ainsi s'exprimait un récit officiel publié par la presse dans les derniers jours d'octobre. La prise de Bouchavesnes fut, en effet, un couronnement. Une attaque lancée à midi 30 par un radieux soleil, sous la plus formidable canonnade qui se puisse entendre, dans l'enthousiasme des succès passés et de la victoire promise, les premiers objectifs atteints et dépassés sur tout le front en quelques minutes; les gars du Nord débordant Combles par le Sud-Est, les zouaves et les troupes d'Afrique aux lisières de Rancourt, les puissantes défenses du bois Marrières enlevées par les chasseurs et les fantassins de la brigade Messimy, la grand'-route de Bapaume quasi atteinte, le bois des Berlingots pris, les accès Est de Cléry déblayés par les régiments du 33eme corps, des prisonniers par centaines, tel était à 5 heures du soir le résultat de la bataille. A 6 heures, on annonçait dans les postes de commandement que les fantassins étaient au contact de la route, que Bouchavesnes allait être attaqué. A 8 heures, les flammes de Bengale brûlant comme autant de feux de joie aux carrefours et aux lisières annonçaient que le village était aux Français... On raconte qu'en apprenant la prise de Bouchavesnes, le général en chef, qui avait assisté à la bataille, demanda: « Qui a fait cela'l » Et, dans l'incertitude du détail, à un moment où les liaisons téléphoniques avec l'avant sont coupées par la mitraille ou n'existent pas encore, quand de rares coureurs franchissant les barrages apportent au prix de quelles peines les premiers renseignements et que seuls des signaux donnent aux observateurs l'indication de la ligne atteinte, on lui répondit seulement par le nom du commandant des troupes d'attaque. Aujourd'hui, ceux qui ont pris Bouchavesnes sont connus. Des récits officiels ont indiqué les régiments et les noms des chefs; Dans le recul suffisant du temps, l'affaire peut être reconstituée et revivre. Ceux qui en furent les acteurs ou les témoins peuvent parler et, si nous y revenons, c'est qu'ayant vécu cette bataille du 12 septembre, « une des plus brillantes et des plus fécondes» qu'ait livrées l'armée de la Somme, nous pouvons en donner le détail aux lecteurs de L'Illustration.
Emplacement de l'Etat major du 72ème RI au centre de Bouchavesnes le 5 octobre 1916
Des éléments du 1er bataillon 72ème RI ont des positions avancées au nord ouest du centre de Bouchavesnes
Photo panorama vu depuis l'emplacement du 1er PC commandement 72ème RI. Les premières lignes ennemies sont situées au niveau de la crête de la colline, sur les hauteurs de Moislains.
Eglise de Bouchavesnes













































